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Chanvre et douleurs articulaires : une alternative naturelle pour soulager l’arthrose et les inflammations chroniques ?

Chanvre et douleurs articulaires : une alternative naturelle pour soulager l’arthrose et les inflammations chroniques ?

Chanvre et douleurs articulaires : une alternative naturelle pour soulager l’arthrose et les inflammations chroniques ?

Comprendre l’arthrose et les douleurs articulaires chroniques

L’arthrose et les inflammations articulaires chroniques (arthrite, tendinites récidivantes, douleurs lombaires persistantes…) touchent une part croissante de la population, en particulier après 50 ans. L’arthrose correspond à une dégénérescence progressive du cartilage des articulations, accompagnée d’une inflammation locale, de raideurs, de douleurs mécaniques et parfois de déformations.

Les traitements classiques reposent principalement sur :

  • des antalgiques (paracétamol, parfois opioïdes faibles) ;
  • des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) pris par voie orale ou en application locale ;
  • des infiltrations de corticoïdes ou d’acide hyaluronique ;
  • la rééducation, l’activité physique adaptée et la perte de poids.
  • Ces approches peuvent être efficaces mais ne sont pas dénuées d’effets secondaires, en particulier lorsque les AINS ou les corticoïdes sont utilisés au long cours. C’est dans ce contexte que le chanvre, le Cannabis sativa L. à faible teneur en THC, et certains de ses extraits, comme le cannabidiol (CBD), suscitent un intérêt croissant comme option complémentaire pour la gestion de la douleur articulaire et de l’inflammation.

    Que peut apporter le chanvre pour les douleurs articulaires ?

    Le chanvre industriel est une variété de cannabis sélectionnée pour contenir un taux très faible de THC (tétrahydrocannabinol, la molécule psychotrope principale du cannabis) et être riche en fibres, graines et composés aromatiques (terpènes). En France et en Europe, seules certaines variétés de chanvre inscrites au Catalogue commun des variétés des espèces de plantes agricoles de l’Union européenne, et présentant un taux maximal de THC, sont autorisées pour la culture.

    Dans le contexte des douleurs articulaires, plusieurs composants du chanvre sont particulièrement étudiés :

  • le CBD (cannabidiol), cannabinoïde non psychotrope à potentiel anti-inflammatoire et analgésique ;
  • les terpènes (beta-caryophyllène, myrcène, linalol…), molécules aromatiques également présentes dans de nombreuses huiles essentielles, impliquées dans la modulation de la douleur et de l’inflammation ;
  • les acides gras issus des graines de chanvre (oméga-3 et oméga-6), utiles pour l’équilibre inflammatoire général de l’organisme.
  • Il est important de distinguer :

  • le cannabis médical, soumis à un cadre très strict (programme expérimental en France sous l’égide de l’ANSM) ;
  • les produits à base de chanvre riches en CBD mais pauvres en THC, disponibles dans le commerce sous certaines conditions ;
  • les extraits aromatiques (huiles essentielles de chanvre, hydrolats, huiles végétales de graines), utilisés en aromathérapie et cosmétique.
  • CBD et douleurs articulaires : ce que dit la science

    Les recherches sur le CBD et l’arthrose sont encore en cours, mais plusieurs travaux précliniques et cliniques suggèrent un intérêt potentiel :

  • Le système endocannabinoïde (récepteurs CB1, CB2 et autres cibles comme TRPV1) joue un rôle clé dans la modulation de la douleur et de l’inflammation. Les cannabinoïdes exogènes comme le CBD interagissent avec ce système, sans avoir les effets psychotropes du THC.
  • Des études animales, comme celle de Philpott et al. (European Journal of Pain, 2017), ont montré qu’une application topique de CBD pouvait réduire la douleur et l’inflammation dans des modèles d’arthrose chez le rat, sans effets secondaires systémique significatifs.
  • Un rapport de la National Academies of Sciences, Engineering, and Medicine (États-Unis, 2017) conclut à des preuves substantielles de l’efficacité des cannabinoïdes dans certaines douleurs chroniques, même si la plupart des études incluent du THC en association avec le CBD.
  • Des revues systématiques (par exemple Häuser et al., European Journal of Pain, 2018) indiquent que les cannabinoïdes pourraient être utiles en adjuvant dans les douleurs chroniques non cancéreuses, mais soulignent le besoin d’essais cliniques de meilleure qualité, en particulier pour le CBD isolé.
  • Chez l’humain, les preuves spécifiques concernant l’arthrose et les produits topiques au CBD restent limitées, mais de nombreux patients rapportent une amélioration subjective de la douleur, de la mobilité et de la qualité du sommeil. Ces données empiriques doivent être interprétées avec prudence, tout en gardant à l’esprit que la recherche avance rapidement.

    Huiles de chanvre, huiles essentielles et aromathérapie : quelles différences ?

    Plusieurs types de produits issus du chanvre sont utilisés pour le confort articulaire, souvent en synergie avec d’autres plantes aromatiques :

  • Huile végétale de graines de chanvre : issue de la pression à froid des graines, riche en oméga-3 et oméga-6 dans un ratio intéressant pour la modulation de l’inflammation. Elle ne contient quasiment pas de CBD ni de THC. Elle peut être utilisée en interne (dans l’alimentation) et en externe (massage).
  • Extraits au CBD (huiles sublinguales, baumes, gels) : obtenus à partir des fleurs/feuilles de chanvre, standardisés en CBD, avec un taux de THC conforme à la réglementation. Ils sont souvent utilisés en application locale sur les zones douloureuses, ou par voie sublinguale pour une action plus générale.
  • Huiles essentielles et hydrolats de chanvre : distillation des parties aériennes du chanvre pour isoler les terpènes aromatiques (par exemple le beta-caryophyllène, connu pour son activité sur les récepteurs CB2 impliqués dans l’inflammation). Ces extraits sont utilisés en aromathérapie, en diffusion, en massage dilué dans une huile végétale, ou en formulation cosmétique.
  • En aromathérapie, il est fréquent d’associer le chanvre à d’autres huiles essentielles traditionnellement utilisées pour les douleurs articulaires :

  • gaulthérie couchée (salicylate de méthyle) ;
  • eucalyptus citronné (citronnellal) ;
  • hélichryse italienne ;
  • gingembre, genévrier, romarin à camphre, lavande fine.
  • Ces synergies peuvent potentialiser l’effet ressenti, en combinant l’action anti-inflammatoire, myorelaxante et analgésique de plusieurs familles moléculaires.

    Modes d’utilisation du chanvre pour l’arthrose et les inflammations chroniques

    Plusieurs modalités peuvent être envisagées, toujours en complément d’un suivi médical et d’une prise en charge globale :

  • Application topique (locale) : crèmes, baumes ou huiles de massage contenant du CBD, de l’huile de graines de chanvre et/ou des huiles essentielles. L’objectif est d’agir localement sur l’articulation douloureuse, en profitant aussi de l’effet mécanique du massage pour améliorer la circulation.
  • Utilisation sublinguale d’huile au CBD : quelques gouttes placées sous la langue, maintenues 60 à 90 secondes avant d’avaler. Cette voie d’administration permet un passage plus rapide dans la circulation sanguine que la voie digestive classique.
  • Aromathérapie respiratoire : diffusion atmosphérique de certaines huiles essentielles (dont éventuellement celles issues du chanvre, si disponibles et réglementairement conformes), dans le cadre d’une approche globale de gestion du stress et de la douleur (la dimension émotionnelle de la douleur chronique est importante).
  • Nutrition et hygiène de vie : intégration de l’huile de graines de chanvre dans l’alimentation comme source d’acides gras favorables à l’équilibre inflammatoire, en complément d’une alimentation riche en végétaux, pauvre en sucres rapides et en graisses trans.
  • Les dosages en CBD, la fréquence d’utilisation et la durée du protocole doivent idéalement être discutés avec un professionnel de santé formé à ces approches (médecin, pharmacien, parfois naturopathe en collaboration avec le médecin traitant).

    Cadre légal du chanvre, du CBD et du cannabis médical en France et en Europe

    La réglementation autour du chanvre et du CBD est en constante évolution. Quelques repères essentiels pour les lecteurs français :

  • Au niveau européen, l’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) du 19 novembre 2020 (affaire C‑663/18, dite « Kanavape ») a rappelé que le CBD extrait de la plante de chanvre entière ne pouvait pas être considéré comme un stupéfiant au sens de la Convention unique de 1961, dès lors qu’il n’a pas d’effet psychotrope et que les États membres ne peuvent pas en interdire la commercialisation s’il est légalement produit dans un autre État membre.
  • En France, le cadre principal est fixé par le Code de la santé publique, notamment les articles relatifs aux stupéfiants et aux substances psychoactives (article R.5132‑86 et suivants). Le THC reste strictement classé comme stupéfiant.
  • Le décret n° 2021‑1739 du 30 décembre 2021 et l’arrêté du 30 décembre 2021, modifié notamment par l’arrêté du 29 décembre 2022, encadrent la culture, l’importation, l’exportation et l’utilisation du chanvre et des produits contenant du CBD en France. Ces textes autorisent l’utilisation de toutes les parties de la plante (y compris les fleurs), à condition que :
  • la variété figure sur la liste des variétés autorisées ;
  • la teneur en THC de la plante soit inférieure ou égale à la limite fixée par la réglementation (alignée sur le droit européen) ;
  • les produits finis ne contiennent pas de THC en quantité supérieure aux seuils autorisés.
  • Le cannabis à usage médical fait l’objet d’une expérimentation encadrée par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), basée sur des textes tels que l’article L.5132‑1 du Code de la santé publique et les décrets et arrêtés spécifiques organisant cette expérimentation. Il s’agit de médicaments à base de cannabis (THC et CBD) prescrits dans des indications précises (douleurs neuropathiques réfractaires, spasticité douloureuse de la sclérose en plaques, etc.).
  • Pour le grand public, cela signifie que :

  • les huiles de chanvre à base de CBD sans effet psychotrope, conformes aux limites de THC, peuvent être proposées comme compléments ou cosmétiques, sous réserve du respect des normes en vigueur ;
  • il est interdit de revendiquer des allégations thérapeutiques non autorisées, le CBD n’étant pas reconnu comme médicament en dehors de certaines spécialités pharmaceutiques spécifiques ;
  • l’accès au cannabis médical contenant du THC s’effectue uniquement dans le cadre médical réglementé, sur prescription et suivi spécialisés.
  • Précautions, effets secondaires et contre-indications

    Bien que le chanvre et le CBD soient généralement considérés comme relativement bien tolérés, certaines précautions sont nécessaires :

  • Effets secondaires possibles du CBD (surtout à doses élevées) : fatigue, somnolence, troubles digestifs, modification de l’appétit, bouche sèche, interactions médicamenteuses (notamment avec certains anticoagulants, antiépileptiques, traitements métabolisés par le cytochrome P450).
  • Allergies cutanées : comme avec toute huile essentielle ou cosmétique, des réactions irritatives ou allergiques peuvent apparaître. Un test préalable sur une petite zone de peau est recommandé.
  • Grossesse, allaitement, pathologies lourdes : les données de sécurité étant limitées, il est recommandé d’éviter l’usage de CBD sans avis médical, et de rester très prudent avec les huiles essentielles.
  • Conduite automobile : même si le CBD n’est pas psychotrope, certains produits peuvent contenir des traces de THC. La prudence s’impose, d’autant que la réglementation routière française applique une tolérance zéro pour le THC.
  • Il est essentiel de signaler à votre médecin ou pharmacien tout usage régulier de CBD ou de préparations à base de chanvre, en particulier en cas de polythérapie, de maladie chronique ou de traitement anticoagulant.

    Intégrer le chanvre dans une stratégie globale de gestion de l’arthrose

    Le chanvre, sous forme d’huile végétale, d’extraits au CBD et d’huiles essentielles, peut représenter une piste intéressante dans une approche intégrative de la douleur articulaire :

  • en complément des traitements conventionnels, et non en substitution sauvage sans avis médical ;
  • en association avec l’activité physique adaptée (kinésithérapie, renforcement musculaire doux, natation, yoga, tai-chi) ;
  • en synergie avec une alimentation anti-inflammatoire riche en végétaux, poissons gras, huiles de qualité (dont l’huile de chanvre), pauvre en sucres raffinés et en aliments ultra-transformés ;
  • en prenant en compte la dimension émotionnelle de la douleur (gestion du stress, qualité du sommeil, accompagnement psychologique si nécessaire).
  • Pour les personnes souffrant d’arthrose ou d’inflammations chroniques, le chanvre ne se présente pas comme une solution miracle, mais plutôt comme un outil complémentaire, naturel et potentiellement intéressant, à intégrer dans une stratégie personnalisée. Une discussion avec un professionnel de santé sensibilisé à ces approches reste la meilleure façon d’évaluer la pertinence de l’utilisation du CBD et des produits issus du chanvre dans votre situation particulière.

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